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Tout a commencé en 1967 par un petit groupe de jeunes parisiens (17 ans en moyenne) qui jouent des reprises sous le nom de The Bayens (du nom de la rue Bayen du 17e). Collectif composé alors de de Daniel Buffet, Francis Bendichou, Guy Ouly et Jean Vazon. Parcours scénique habituel : Bus Palladium, Golf Drouot etc. Courant 1969 Gérard Salette, guitariste et musicien déjà aguerri, intègre le groupe qui change alors de nom pour devenir Acanthus. Les reprises sont abandonnées au profit de compositions personnelles. Début 1970 la longue suite ’Tryphasys ‘ est composée, répétée et prête à être jouée sur scène. Ils font la connaissance de Jean-Philippe Delamarre, un producteur de films underground, lequel les présente à Jean Rollin, cinéaste oeuvrant dans le fantastique. Il allait alors tourner ‘Le frisson des vampires’ et il leur demande d’en faire la musique. Elle sera insérée dans le film qui sortira en salles en 1970 et sera diffusé à la télévision en juillet…. 1998. A la même époque ils enregistrent la musique d’un court métrage (‘Liberta’) pour le frère de Jean-Philippe Delamarre, Jean-Noël. La musique est totalement improvisée et enregistrée avec les moyens du bord dans la maison familiale du 15e, les musiciens jouant alors que le film est projeté sur le mur en face d’eux. Une seule prise. Le film connaîtra une brève exploitation en salle à la même époque. Par hasard, le groupe assiste alors à un concert de Magma (qui à ce moment n’a pas encore sorti son 1er album) et c’est un choc. Encouragés par le fait que Magma ait, peu de temps après, réussi à signer sur une major (Philips) ; et malgré la conscience de ne pas être au même niveau musical, ils prennent des contacts ici et là et rencontrent le producteur de Komintern et de Red Noise (Ph. Constantin) lequel les présente à Etienne Roda Gil (producteur entre autres de Julien Clerc). Le groupe lui fournit une maquette de Tryphasys et E Roda Gil la fait écouter à Pathé Marconi. Quasi immédiatement un contrat est signé et dès l’été 1970 ils se retrouvent dans les studios Pathé de Boulogne pour enregistrer l’album. Les sessions terminées, Pathé fera presser quelques acetates pour les comités d’écoute et le staff. Les semaines passent, le groupe veut jouer son opéra rock sur scène mais Pathé le leur interdit tant que l’album n’est pas sorti. Ils font néanmoins quelques dates mais sous leur ancien nom ‘The Bayens’ afin de ne pas aller à l’encontre des exigences de Pathé. Un jour Etienne Roda Gil leur fait part du désir de Pathé de publier d’abord un 45 tours qui serait extrait de l’album déjà enregistré. Le groupe est scandalisé, estimant que c’est une offense à leur concept-album et refuse catégoriquement malgré l’insistance de E Roda Gil. Pathé sera alors tout aussi inflexible et décidera de ne rien publier du tout. Le 6 novembre 1970 Pathé officialise la rupture du contrat et rend au groupe sa liberté - mais en conservant les bandes. E Roda Gil continue à les soutenir quelque temps malgré tout, les faisant ainsi passer au Pop Club de José Artur sur France Inter. Par la suite le groupe approchera d’autres maisons de disques mais aucune ne sera intéressée. E Roda Gil ne donnera plus de nouvelles par la suite et il cessera aussi sa collaboration avec Pathé, pour des raisons inconnues mais probablement sans rapport avec Acanthus. 1971 arrive, le groupe n’a plus de maison de disque et ne dispose pas des bandes de son album. Désillusionné le collectif se cherche une issue. Daniel Buffet (batteur) est alors embauché comme vendeur dans le magasin Lido Musique, disquaire sur les Champs-Elysées. Le patron de la boutique vient de lancer son propre label du même nom et, emballé par l’énorme succès commercial à cette époque du groupe Titanic, il demande au groupe d’enregistrer un 45 tours ‘rock’ dans l’espoir d’un hit et, en contrepartie, il promet de réinvestir une partie des bénéfices dans la publication de ‘Tryphasys’. Afin de ne pas brouiller leur image, le groupe accepte le deal mais sous un autre nom. Un premier 45 tours est ainsi publié sous le nom de UNITY mais il ne rencontre aucun succès malgré un passage à la télévision dans Midi-Première de…Danièle Gilbert, en septembre 71. Toujours en attente d’une possible publication de ‘Tryphasys’, le groupe tourne dans des discothèques et des night-clubs sous le nom de Unity, avec un répertoire sans lien avec leurs aspirations musicales. Quand Lido Musique leur demande un second 45 tours mais sans évoquer ‘Tryphasys’, Daniel Buffet et Gérard Sallette refusent. Le second 45 tours existera pourtant (1972) mais il sera réalisé par les seuls Bendichou, Vazon et Ouly, Buffet et Salette étant certes présents aux sessions mais comme simples instrumentistes passifs ; ils quittent le groupe dans la foulée qui de facto cessera rapidement toute activité. C’est la fin de l’histoire officielle du groupe, il n’y aura aucune reformation même partielle et personne ne publiera ‘Tryphasys’ jusqu’en 2025.
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